Les anciens dirigeants de la cave coopérative avaient profité des travaux pour mettre son buste au rebut. Marie Debosque, sa petite-nièce, l’a depuis récupéré et placé à côté de sa porte d’entrée. En dehors de ce buste et d’un médaillon visible au-dessus du caveau familial au cimetière, il n’existe aucune représentation au village de Paul Courrent. Ce docteur en médecine, historien, maire de la commune, conseiller général et président de la société scientifique de l’Aude, fondateur de la cave de Castelmaure n’a même pas une fiche wikipedia à son nom; est-ce à cause d’une rumeur qui circule à son sujet ?
Une rumeur, une de plus ?
Le médecin se serait enrichi sur le dos de ses patients qu’il aurait soi-disant contraint à se dessaisir de leur bien pour payer ses consultations. Mais qui peut en apporter la preuve ? Il est très probable que cet entrepreneur acharné, ambitieux, au caractère bien trempé, anticlérical de surcroît ait pu attiser chez certains une profonde jalousie, terreau fertile de ladite rumeur.
Un homme engagé au service des autres
Fraîchement diplômé de médecine en 1887, le fringant généraliste se porte volontaire au péril de sa vie pour rejoindre Marseille et aider ses collègues à lutter contre l’épidémie de choléra qui y sévit. Il aurait certainement mérité d’être applaudi par la France entière comme l’ont été récemment ses glorieux successeurs. Plus tard, pendant la Première Guerre mondiale, il rejoint, toujours comme volontaire, l’hôpital auxiliaire de Fitou pour soigner les soldats blessés rapatriés du front. Par au moins deux fois et aux heures sombres de notre Histoire, cet homme supposé cupide choisit donc de se mettre au service des autres. Au lendemain de la guerre, il participe à la création de la SCV Castelmaure et en devient le premier président. Un poste honorifique qui permet certes de se taper la cloche sans débourser un centime, faut-il encore disposer d’une bonne table à proximité. Or l’Auberge du Vieux Puits n’existe pas. Et les notes de frais du président de l’époque sembleraient sans doute bien modestes comparées à celles de celui d’aujourd’hui.
Rennes-les-Bains n’oublie pas
Développer le thermalisme à Rennes-les-Bains et y avoir comme patient l’abbé Saunière aurait pu en revanche en faire un homme riche. Mais les Rennois, bien loin de jalouser sa réussite, le déclarent médecin bienfaiteur de la station thermale et choisissent d’honorer chaque année sa mémoire en déposant une gerbe de fleurs au pied de sa stèle. Paul Courrent est enterré au cimetière d’Embres & Castelmaure. Il repose près des vignes qui font aujourd’hui la réputation de la coopérative qu’il avait contribué à fonder en 1921. L’année prochaine seront célébrés les cent ans de cet établissement et le travail acharné des générations qui s’y sont succédées. Il serait incompréhensible que la personne à l’origine de sa création n’y soit pas justement représentée.
Alors et si quelqu’un peut justifier cet ostracisme qui le frappe aujourd’hui encore, qu’il se lève et s’exprime preuves à l’appui, ou bien se taise à tout jamais. Et que l’on honore enfin dignement ici aussi la mémoire de cet homme.
Hello. And Bye.
google404
hjgklsjdfhgkjhdfkjghsdkjfgdh