Archives de catégorie : Bonnet d’âne

Les adorateurs de saint Bobard viennent prier à Embres

L’Indépendant, Midi Libre, La Dépêche du Midi et même Valeurs Actuelles s’en font l’écho : le maire d’Embres & Castelmaure, notre maire, notre bon maire Gérard Bénézis s’est fait agresser pour la deuxième fois par un de ses administrés. Quelle honte ! Mais quelle honte ! se sont exclamés en chœur… en fait pas grand monde. A part Hervé Baro, le maire de Termes, qui s’est rendu avec quelques édiles au chevet du maire martyrisé, aucune manifestation de soutien n’a eu lieu à Embres. Et pour cause : parmi ceux qui ont voté pour lui aux dernières municipales, vingt-sept n’habitent pas le village. Quant aux autres, sans doute échaudés par ses déclarations trop souvent mensongères, ils se sont, sur ce coup, abstenus.

Baro : entre barons pas d’ego

C’est beau la solidarité entre élus. Le problème c’est que ni le maire de Termes ni Arnaud Chabé l’auteur de l’article paru dans l’Indépendant du 1er mars 2022, n’ont ressenti le besoin de vérifier les propos de Gérard Bénézis. Ils n’ont curieusement pas été davantage surpris de s’entretenir, au lendemain de la soi-disante agression, avec un maire en pleine forme et sans la moindre séquelle physique. En revanche, la version des faits de l’accusé a été totalement ignorée, tout comme celle des témoins de la scène. Seule compte pour eux les affabulations de Bénézis. Ainsi, Hervé Baro sur sa page facebook s’insurge contre ceux qui bafouent les règles de la démocratie tout en les bafouant lui-même puisqu’il décide de prendre parti pour le maire d’Embres sans vérifier ses affirmations. Ce qui compte c’est rebalancer au plus vite l’info sans se préoccuper de sa véracité. Or s’il avait lu attentivement l’article, il aurait pu constater quelques invraisemblances malheureuses dans les déclarations de son petit, tout petit camarade.

La vérité selon Gérard, adorateur de saint Bobard

« Aude : agressé pour la seconde fois par un administré, un maire porte plainte ». Dès le titre de l’article, le maire affirme que c’est la deuxième fois qu’il est agressé par cet administré. Alors pourquoi le maire n’a-t-il porté plainte qu’une fois contre lui ? Quand on connaît avec quelle velléité Bénézis s’empresse de courir à la gendarmerie de Durban pour porter plainte contre ses administrés – près de dix plaintes en un an – il aurait à n’en pas douter effectué cette démarche dès la première agression. On attend avec impatience son explication.

Super Gégé, plus fort qu’une tractopelle !

« J’étais en train de discuter avec les deux employés de l’entreprise mandatée par la mairie quand un homme, que j’ai reconnu ensuite, m’a violemment bousculé, sans aucune raison apparente, me projetant sur la petite tractopelle (…) ». Contre toute attente, le fringuant Gégé du haut de ses trois quarts de siècle s’en est tiré sans une égratignure ! Qui peut se vanter d’avoir été projeté violemment contre une tractopelle et s’en être tiré indemne ? Même Terminator y aurait laissé quelques bouts de titane. Gégé l’indestructible est quand même allé voir le médecin. Et ce dernier n’a pu que constater le « préjudice moral subi » par le maire. Ce qui veut dire en creux qu’il n’y pas eu de préjudice physique et que le maire est soit natif de la planète Krypton soit plus sûrement un gros menteur.

Gégé et les gendarmes, une passion française

La cerise sur le bonnet d’âne du maire d’Embres c’est quand il déclare s’être décidé à «appeler les gendarmes, qui interpellent l’individu agressif». Pauvres gendarmes, pris en permanence pour des billes par le Bénézis. Qui peut en effet croire qu’un individu agressif face aux gendarmes ne soit pas immédiatement arrêté et emmené au poste ? Au lieu de cela, l’agresseur supposé, après avoir donné sa version des faits sur place aux gendarmes, est tranquillement rentré chez lui. Curieux, non ? Là encore, aucun des soutiens du maire ne semble surpris par toutes ces incohérences. L’amour rend certes aveugle mais dans ce cas, ça frôle l’adoration. Saint Bobard, priez pour nous.

A ce rythme, la réputation du village va bientôt dépasser nos frontières et ce ne sera pas grâce à la qualité des vins de sa cave mais plus sûrement grâce au record de plaintes déposées par la maire à l’encontre des villageois.

Une entrée dans le Guiness, prélude à notre mise en bière à tous.

Divagation

Divaguer, définition du dictionnaire Petit Robert : Dire n’importe quoi, ne pas raisonner correctement.

Ah, le joli mot.

Le maire reconnaît enfin qu’il y a des problèmes de divagation sur la commune. Manque de chance, il pointe les mauvais coupables : les chiens du village. C’est commode : un chien, ça ne parle pas mais ça aboie. Ce qui semble déranger Gégé. Vite, un petit papier dans les boîtes aux lettres pour prévenir la population qu’une société spécialisée dans le ramassage des animaux errants s’occupera de leur clouer le museau.

La société en question, le groupe Sacpa, a été notamment condamné en 2016 à 7.500 euros d’amende, dont 2.500 avec sursis, pour « transport d’animaux à but lucratif sans agrément et sans autorisation ». 24 chiens avaient été retrouvés morts étouffés et déshydratés dans un de leurs camions. Au cas où votre chien finisse dans l’un de ces véhicules et qu’il en réchappe, il vous en coûtera 291,50 euro pour le récupérer.

Mais quelle idée aussi d’avoir un chien qui aboie !

Au lendemain de sa réélection, le maire dans son communiqué affirmait le besoin de retrouver calme et sérénité dans notre village. Il comptait, pour y parvenir, consulter l’avis de chacun.

Une divagation de plus, sans doute.

Reconfinement : Gégé se lance dans la télé réalité

Au début de l’automne, alors que la plupart des Embrésiens s’affairaient dans les vignes, le maire en profitait pour placer en douce des caméras dans le village, sans prévenir son conseil municipal. (Lire le compte-rendu édifiant du 8 octobre, http://www.embres-castelmaure.fr/conseil-municipal/compte-rendu-seance-jeudi-08-octobre-2020).

Des caméras pour “surveiller des choses bizarres”..

C’est le seul motif que le maire a été capable d’invoquer pour justifier la pose de ces caméras. Comme à son habitude, il se refuse à davantage d’explication et rejette la responsabilité sur les autres, en l’occurrence les gendarmes qui lui auraient conseillés de s’équiper en vidéosurveillance. Il faut donc que les habitants du village acceptent sans broncher que leur mairie dépense 4 600€ qu’elle n’a pas, sans raison précise.

Bénézis plus sécuritaire qu’Estrosi !

Avec une caméra pour 38 habitants, le village d’Embrès arrive premier haut la main au palmarès des communes les plus surveillées de France, très loin devant Nice qui n’a qu’une caméra pour 130 habitants. En évoquant des “choses bizarres”, le maire voulait-il suggérer l’apparition de quelques radicalisés sur la commune ?

Il voit des barbus partout

A commencer par Julien et Christophe, dits Juju et Jésus les deux Jihadistes du village, en croisade contre la saleté, les culs de poules et les mauvaises herbes. Déjà régulièrement pris en filature par la première adjointe, les deux employés municipaux sont désormais sous la surveillance étroite de deux caméras vidéo placées au-dessus de leur hangar. Au premier tapis suspect chargé dans leur camionnette, au premier grain de couscous retrouvé dans leur casier et c’est l’inscription au fichier S ! Une troisième, placée à l’intérieur du local des chasseurs permet probablement de s’assurer que ces derniers n’ont pas renoncé à manger du sanglier. Si c’était le cas, la viande de cochon étant considérée impure par les musulmans, ce serait un signe flagrant d’islamisation. Et hop, fichier S les viandards ! Quant à la quatrième, elle surveille non seulement le parking qui ferait un lieu de prière idéal avec son orientation plein est, mais également les conteneurs à poubelle, souvent utilisés pour cacher des engins explosifs par les fous d’Allah..

Souriez, vous êtes fliqués..

Un maire au ban de l’école

Sacré farceur ce Gérard. Se lancer à plus de 75 ans dans une carrière de comique, il fallait oser. Mais quand tout vous réussit, pourquoi ne pas tenter, quitte à user de blagues potaches un peu éculées. Comme cette invitation lancée à la population par voie d’affichage à venir assister au conseil municipal du 13 août. Et pour attirer le chaland, rien de mieux que d’annoncer la présence d’une personnalité locale, en l’occurrence Hervé Baro, le vice-président du conseil Général.

Le jour venu, nous ne sommes en fait que deux habitants du village à tomber dans le panneau et à nous présenter devant l’entrée de l’ancienne école des filles, transformée depuis en salle polyvalente de la mairie. Une conseillère qui se prépare à entrer me salue poliment puis me demande si je viens assister au conseil. “Oui” lui réponds-je, “bien” acquiesce-t-elle souriante avant de s’engouffrer dans la salle.

A l’intérieur, la plupart des conseillères et conseillers sont assis bien sagement autour d’une grande table de réunion. Ici, la parité au moins est respectée. Une deuxième personne qui souhaite également assister au conseil vient d’entrer derrière moi. Il s’agit de Marie-Louise Dupas, la tête de liste de l’opposition aux dernières municipales. A la vue de nos deux faciès, le maire, qui se tient à l’autre bout de la table blêmit puis nous lance de sa voix légèrement perchée un aimable “pas de public, pas de public !”.

Interloqué, je lui demande alors à qui pouvait bien s’adresser la convocation à cette réunion qu’il avait fait placarder quelques jours plus tôt dans le village ? Je saisis ledit avis et décide donc de lui en faire la lecture :

“Madame, Monsieur, Je vous prie de bien vouloir participer à la séance qui aura lieu le : Jeudi 13 août 2020 à 17 heures Salle polyvalente 10 rue de la mairie”,

puis lui demande son avis quant au fait qu’il s’oppose à son propre avis. Peine perdue. Il n’a aucun avis là-dessus. Un conseiller lui signale alors que si le conseil se tient à huis clos, le point numéro deux de l’ordre du jour ne pourra être abordé. Les yeux écarquillés par la stupeur, le maire balbutie, éructe, vocifère mais ne répond pas et balaie l’argument juridique de l’effronté. Le point est pourtant clair :
“Le huis clos n’est prohibé que lorsque le conseil municipal délibère sur certains rapports d’intérêts autorisés, dans les communes dont la population ne dépasse pas 3 500 habitants, entre certains de ses membres et la commune (article 432-12 du code pénal)”. Patrick Mary, déjà grassement remercié par le maire, devra patienter encore un peu avant de se voir attribuer des travaux ponctuels pour la commune. “Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose” disait Francis Bacon en omettant de préciser que cela pouvait être aussi une source de profits pour son auteur.

Le petit Gérard qui tient décidément beaucoup à lui prouver sa gratitude, n’a ni relu sa copie ni révisé ses leçons et n’en a cure. Il blâme plutôt la secrétaire de mairie qui a omis de placarder à l’entrée du bâtiment que la réunion se tiendrait à huis clos.

C’est le côté blagueur et injustement méconnu de Gégé la déconne : faire croire aux habitants d’Embres qu’ils sont les bienvenus à la mairie et une fois arrivés devant l’entrée leur claquer la porte au nez tout en accusant la vilaine secrétaire de ne pas avoir affiché qu’ils n’étaient en fait pas les bienvenus.

Alors et plutôt que de filer au coin avec un bonnet sur la tête, il nous lance bravache un aimable “sortez ou bien j’appelle les gendarmes !” Guignol qui se met à appeler le gendarme : décidément ça ne tourne pas bien rond chez Monsieur le maire. Mais qui a bien pu avoir l’idée saugrenue de le placer tout en haut de l’estrade ? Brigitte Robert s’en excuserait presque et suggère d’une voix douce que l’on puisse au moins discuter. Peine perdue, le cancre tient sa revanche et insiste pour que nous sortions sous les yeux ébahis du vice-président du Conseil Général.

A l’intérieur, la petite représentation se jouera donc à huis clos, au mépris des lois et du respect des villageois. Il y sera pourtant question du passionnant projet du Parc Naturel Régional Corbières-Fenouillèdes qui nous concerne tous. Projet qui va à l’encontre de celui que défend Gérard Bénézis et qui concerne l’implantation d’éoliennes sur le plateau. Il faut juste espérer qu’Hervé Baro, également président du syndicat mixte de préfiguration du Parc Régional Corbières-Fenouillèdes ne l’interroge pas à ce sujet. Dans le cas contraire, le maire d’Embres pourra toujours blâmer la secrétaire pour l’avoir mal informé sur la nuisance de ces engins ou bien aller dans le sens du vent, avaler son bonnet d’âne et renoncer à promouvoir l’implantation des turbines sur la commune.

Dehors, le ciel est légèrement orageux. La grosse cloche placée au sommet de la mairie vient de sonner ; au-dessus d’elle, la girouette, avec le vent, n’arrête pas de tourner.

Tout un symbole.