Le rossignol et le maître chanteur

Au matin du dernier dimanche des élections,
Devant le perron de la mairie
Je croise mon ami le héron
Qui m’avoue son désarroi
À la lecture de mes écrits
Dont le ton peu courtois
Le plonge dans un profond dépit.

Il me suggère d’alléger ma plume,
De la tremper dans l’azur
La rincer de son amertume
La charger d’air pur.
Il vaudrait mieux en effet
Pour la tranquillité du village
Éviter les outrages,
Couper mon sifflet.

La raison du héron
Est celle du plus fort;
Professeur des avions
Il ne peut avoir tort.

Je vais donc m’exécuter
Avant qu’un autre ne le fasse
Et pareil à la limace
Apprendre à ramper.

Sur les conseils de cet oiseau de haut vol
Je parlerai donc du beau ciel bleu d’Embres
Du chant mélodieux des rossignols
En prenant bien garde aux pataquès.

Dimanche dernier donc
Sous un soleil radieux
Jeunes et vieux
Ont rempli le tronc
Et choisi leurs favoris
Pour les représenter à la mairie.

C’était beau à voir, c’était merveilleux;
Ça rappelait le bon temps des colonies
Lorsque le maître venu d’un autre pays
Dictait sa loi aux pauvres gueux.

Par familles entières ils sont venus voter,
Inutile d’habiter au village pour y choisir son roi,
Il suffit que les enfants obéissent à papa
Et lui donnent procuration pour éviter la fessée.

Près d’une vingtaine d’étrangers
Qui n’habitent pas même les environs
Se sont ainsi exprimés
En faveur des colons.

Et le soir venu quand il s’agir de compter
Par le truchement d’une jolie bidouille
C’est bien tout un village qu’on dépouille
Du droit le plus essentiel, celui de s’exprimer.

L’autre soir en catimini
Sort de la mairie
Un aréopage de bécasses
Qui gloussent et qui croassent
Sous l’œil gourmand d’un eunuque
Dans son déguisement de grand duc.

Il a fait mijoter sa fricassée de fripouilles
Avant de la servir sur son lit de magouilles,
N’a reculé devant aucun effort
Pour faire le plus grand tort
A ceux qui dénonçaient
Ses multiples forfaits.

Il a fait porter la pire des calomnies
Sur un valeureux soldat de la Patrie
Qui, à peine remis de cette injure
Subissait à nouveau une blessure.

Malgré cela trois d’entre eux
Parmi les plus valeureux
Sont entrés au conseil
Et assurent la veille.

Mais tous ne sont pas fait du même cuir,
Et certains par peur,
se sont fait migrateurs,
Et quittés le navire.

Mon ami le héron qui affectionne
le beau chant du rossignol
voudrait que ma plume de corbeau
Evite les noms d’oiseaux.

Craint-il la visite impromptue
d’ornithologues pointus
Venus écouter le maître chanteur
Répandre ici la terreur,
Affublé d’une cocarde
Qu’il par la même brocarde ?

L’altitude aurait-elle eu raison de ses tympans
A tel point qu’il n’entend plus le sifflement de ses gens ?
Il est un monde dans lequel certains trop bien nés,
méprisent ceux qui du nid sont tombés.

Ces pteranodons assombrissent encore le ciel d’Embres,
obstruent l’azur que mon ami le héron s’obstine à voir.
Il me faut taire l’immense détresse,
lui faire plaisir, parler d’espoir.

Les deux pieds pris dans la vase,
Il ne voudrait voir que le bleu du ciel.
Il pourra donc tout aussi bien ignorer le fiel
Qui s’immisce malgré moi dans mes phrases
Et continuer à sourire à ceux qui se sentent trahis
Par ses amis les nantis.

4 commentaires

  1. Mr Conte, les rassemblements, surtout festifs, seront très rares, voire inexistants, si les villages respectent bien les directives du gouvernement, ceci au moins en juin et juillet, à cause de COVID-19. Un été qui s’annonce bien différent, mais, si ma mémoire ne me trahit pas, le temps où le village s’organisait pour plusieurs fêtes ne date que de l’année dernière! : Vide grenier, soirée châtaignes, fête du village, repas pour aider des œuvres humanitaires en Afrique , pour en citer quelques unes. Je vois que ces rassemblements chaleureux vous tiennent à coeur et j’en suis ravie! On compte pour vous pour nous aider à organiser tout ça.

    1. Bonjour Dominique,

      Je ne sais pas qui vous êtes, l’épouse de Peeter je suppose.
      Je crois que le choix de ne réaliser aucun repas festif est peut-être lié au Covid 19, mais pas seulement .Il appartient aux chasseurs organisateurs habituels de ce repas du 14 juillet, s’ils le veulent de s’exprimer sur ce point. Le Covid 19 ne semble pas affecter la tenue de trois soirées par semaine par le restaurant accolé à la cave coopérative.
      Il n’est pas interdit de se rassembler jusqu’à 5000 personnes à condition de respecter les gestes barrière me semble t-il sous réserve de clauses restrictives que j’ignore.
      L’image évoquée par Jacqueline utilisée publiquement dans une réunion préelectorale par des candidats à la mairie, a eu pour effet de suspendre la démocratie dans le village. Un vivre ensemble où le respect de l’autre a disparu, introduit par ceux censé justement maintenir et porter cette dimension.
      Presque six mois après la diffusion de cette photo à caractère privé, aucun élément de connaissance tangible n’est apparu sur celle-ci, alors qu’il semble aisé de récupérer des images supprimées soit avec Messenger, soit avec Facebook (1).
      Nous en sommes donc six mois après, sans fait établi, à un état de diffamation publique.
      On ne peut ignorer qu’une personne du village a été sérieusement blessée à l’aide d’un poteau de signalisation asséné violemment sur sa personne. On peut raisonnablement penser que ce poteau asséné sur le crane que cette personne a protégé, aurait pu avoir des conséquences létales sur lui.
      Je pense que ce cernier évènement ne serait pas survenus si un minimum d’éclairage sur la réalité de cette photo et sa simple description publique, avait été donné rapidement.
      Merci de votre proposition d’oeuvrer pour organiser des animations, mais j’ai à présent presque 74 ans et une santé un peu compliquée. J’ai comme beaucoup d’autre, oeuvré à organiser ces manifestions , ce que j’ai réalisé avec beaucoup de plaisir avec bien des personnes du village.
      Vous en avez le désir et je pense que vous saurez très bien organiser cela.
      Bon courage et bonne chance
      Bien à vous

      Christian Conte

      (1)
      https://www.apowersoft.fr/recuperer-messages-supprimes-messenger.html

      https://www.youtube.com/watch?v=4VtJIF5a7fE

  2. Une personne gravement insultée en réunion publique ! Des menaces de mort proférées verbalement avec à la suite une personne sérieusement blessée ! La justice devrait normalement à présent faire limite car il est inutile qu’un scénario ressemblant à celui qu’évoque Jean Denis Simon du livre « mangez le si vous voulez » de Jean Teulé, voit le jour dans le village.
    Il serait peut-être temps que la démocratie reprenne sa place dans le village !
    Où est le temps où le village s’organisait pour faire plusieurs jours de fête, pour nettoyer les abords des ruines proche de la source des Cannelles, où il organisait les repas du 14 juillet et bien d’autres manifestations ?

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