Sacré farceur ce Gérard. Se lancer à plus de 75 ans dans une carrière de comique, il fallait oser. Mais quand tout vous réussit, pourquoi ne pas tenter, quitte à user de blagues potaches un peu éculées. Comme cette invitation lancée à la population par voie d’affichage à venir assister au conseil municipal du 13 août. Et pour attirer le chaland, rien de mieux que d’annoncer la présence d’une personnalité locale, en l’occurrence Hervé Baro, le vice-président du conseil Général.
Le jour venu, nous ne sommes en fait que deux habitants du village à tomber dans le panneau et à nous présenter devant l’entrée de l’ancienne école des filles, transformée depuis en salle polyvalente de la mairie. Une conseillère qui se prépare à entrer me salue poliment puis me demande si je viens assister au conseil. “Oui” lui réponds-je, “bien” acquiesce-t-elle souriante avant de s’engouffrer dans la salle.
A l’intérieur, la plupart des conseillères et conseillers sont assis bien sagement autour d’une grande table de réunion. Ici, la parité au moins est respectée. Une deuxième personne qui souhaite également assister au conseil vient d’entrer derrière moi. Il s’agit de Marie-Louise Dupas, la tête de liste de l’opposition aux dernières municipales. A la vue de nos deux faciès, le maire, qui se tient à l’autre bout de la table blêmit puis nous lance de sa voix légèrement perchée un aimable “pas de public, pas de public !”.
Interloqué, je lui demande alors à qui pouvait bien s’adresser la convocation à cette réunion qu’il avait fait placarder quelques jours plus tôt dans le village ? Je saisis ledit avis et décide donc de lui en faire la lecture :
“Madame, Monsieur, Je vous prie de bien vouloir participer à la séance qui aura lieu le : Jeudi 13 août 2020 à 17 heures Salle polyvalente 10 rue de la mairie”,
puis lui demande son avis quant au fait qu’il s’oppose à son propre avis. Peine perdue. Il n’a aucun avis là-dessus. Un conseiller lui signale alors que si le conseil se tient à huis clos, le point numéro deux de l’ordre du jour ne pourra être abordé. Les yeux écarquillés par la stupeur, le maire balbutie, éructe, vocifère mais ne répond pas et balaie l’argument juridique de l’effronté. Le point est pourtant clair :
“Le huis clos n’est prohibé que lorsque le conseil municipal délibère sur certains rapports d’intérêts autorisés, dans les communes dont la population ne dépasse pas 3 500 habitants, entre certains de ses membres et la commune (article 432-12 du code pénal)”. Patrick Mary, déjà grassement remercié par le maire, devra patienter encore un peu avant de se voir attribuer des travaux ponctuels pour la commune. “Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose” disait Francis Bacon en omettant de préciser que cela pouvait être aussi une source de profits pour son auteur.
Le petit Gérard qui tient décidément beaucoup à lui prouver sa gratitude, n’a ni relu sa copie ni révisé ses leçons et n’en a cure. Il blâme plutôt la secrétaire de mairie qui a omis de placarder à l’entrée du bâtiment que la réunion se tiendrait à huis clos.
C’est le côté blagueur et injustement méconnu de Gégé la déconne : faire croire aux habitants d’Embres qu’ils sont les bienvenus à la mairie et une fois arrivés devant l’entrée leur claquer la porte au nez tout en accusant la vilaine secrétaire de ne pas avoir affiché qu’ils n’étaient en fait pas les bienvenus.
Alors et plutôt que de filer au coin avec un bonnet sur la tête, il nous lance bravache un aimable “sortez ou bien j’appelle les gendarmes !” Guignol qui se met à appeler le gendarme : décidément ça ne tourne pas bien rond chez Monsieur le maire. Mais qui a bien pu avoir l’idée saugrenue de le placer tout en haut de l’estrade ? Brigitte Robert s’en excuserait presque et suggère d’une voix douce que l’on puisse au moins discuter. Peine perdue, le cancre tient sa revanche et insiste pour que nous sortions sous les yeux ébahis du vice-président du Conseil Général.
A l’intérieur, la petite représentation se jouera donc à huis clos, au mépris des lois et du respect des villageois. Il y sera pourtant question du passionnant projet du Parc Naturel Régional Corbières-Fenouillèdes qui nous concerne tous. Projet qui va à l’encontre de celui que défend Gérard Bénézis et qui concerne l’implantation d’éoliennes sur le plateau. Il faut juste espérer qu’Hervé Baro, également président du syndicat mixte de préfiguration du Parc Régional Corbières-Fenouillèdes ne l’interroge pas à ce sujet. Dans le cas contraire, le maire d’Embres pourra toujours blâmer la secrétaire pour l’avoir mal informé sur la nuisance de ces engins ou bien aller dans le sens du vent, avaler son bonnet d’âne et renoncer à promouvoir l’implantation des turbines sur la commune.
Dehors, le ciel est légèrement orageux. La grosse cloche placée au sommet de la mairie vient de sonner ; au-dessus d’elle, la girouette, avec le vent, n’arrête pas de tourner.
Tout un symbole.
Bonjour
Et on à le culot de nous dire que nous sommes grossiers, il nous semble évident de part cette magnifique parodie, que nous n’avons rien à vous envier, nous nous inclinons Mr Bonfils, vous surpasserez bientot Mr Cohn Bendit, lequel a un certain talent dans ce domaine …… A méditer
Désolé cher monsieur mais traiter un maire élu quoi que vous en disiez démocratiquement de gege la déconne ou de guignol ne me paraît pas de bon alois
Respectez les choix collectifs ça fera passer votre haine évidement orientée
Merci pour votre commentaire. Gégé la Déconne, je trouve cela plutôt affectueux, en tous les cas de bien meilleur aloi que pédophile qui, pour le coup me semble légèrement haineux. Bien à vous,
Quelques réflexions personnelles monsieur Pueyo
Que penser, d’organiser le vote au village de nombreux vacanciers, qui permettent à la liste du maire d’être réélue, mais qui ne seront pas présents pour travailler et débattre démocratiquement des communs du village ?
Que dire de l’organisation planifiée d’une cabale contre un citoyen du village, que l’on accuse en réunion publique électorale sans la moindre preuve, d’avoir transmis une image pédo-porno graphique, avec les conséquences que nous connaissons ?
Que dire du maire qui incite à porter plainte sans preuves contre ce citoyen que l’on a diffamé publiquement ?
Que dire contre la très grave attaque physique portée par un citoyen du village contre ce citoyen diffamé. Attaque qui aurait pu lui être fatale et qui n’a donné lieu à aucune réaction de la mairie ?
Que dire d’un maire et d’un conseil qui décide à la vue de la présence de deux citoyens du village, de transformer une réunion publique du conseil municipal en huit clos sous menace d’appel à la gendarmerie ?
Que dire de cette banalité du mal consciente et inconsciente qui émerge avec force dans ce village ?
Bien à vous
Christian Conte